|
D'autres types de complications peuvent apparaître de manière tardive, parmi lesquels des phénomènes de réactions hormonales, de coques ou de perte de sensibilité.
- Apparition de galactorrhée : Il a été rapporté de rares cas de stimulation hormonale postopératoire inexpliquée, se traduisant dans les suites par une sécrétion de lait.
- L'insensibilité aréolo-mamelonnaire : La sensibilité de l’aréole est souvent perturbée temporairement dans les suites opératoires. Toutefois, il arrive que ces troubles de la sensibilité n'aient pas régressé après 6 mois. Plus rarement, on constate à l'inverse une hypersensibilité des mamelons.
- La constitution de la coque périprothétique : La prothèse représente un corps étranger. La réaction physiologique normale et constante de l’organisme est de l'isoler des tissus environnants en constituant une membrane hermétique qui va entourer l'implant et que l’on appelle "capsule périprothétique". Cette membrane est fine et souple, mais il arrive que la réaction s'amplifie et que la capsule s'épaississe devenant fibreuse et rétractile en comprimant l'implant. Cette enveloppe prend alors le nom de "coque".
Cette fibrose rétractile est parfois secondaire à un hématome ou une infection, mais la plupart du temps sa survenue reste imprévisible résultant de réactions organiques aléatoires et non contrôlables, qui peuvent apparaître dans les premiers mois ou après plusieurs années.
La rétraction capsulaire reste l'inconvénient majeur des prothèses mammaires en terme de fréquence (jusqu'à 10% des cas) et d'altération du résultat : c'est la cause principale de ré intervention, pour décomprimer la coque et éventuellement changer la prothèse, avec malheureusement des récidives assez fréquentes.
- La rupture ou le dégonflement de la prothèse :
Il arrive que l'implant laisse échapper son contenu, brutalement ou petit à petit, à la suite d'un traumatisme (choc, piqûre, etc.), ou à la longue, par usure de son enveloppe. Avec les implants au sérum physiologique, le phénomène est rapidement objectivé par une diminution du volume du sein. Pour les implants en silicone, c’est souvent un contrôle mammographique qui fait le diagnostic.
A noter : Les prothèses remplies de gel de silicone : Elles ont été interdites pendant plusieurs années car elles ont été incriminées dans la survenue de "connectivites" (maladies auto-immunes générales, très rares, se manifestant par des troubles rhumatologiques ou dermatologiques). Pourtant les innombrables travaux scientifiques réalisés à ce jour sur le sujet, n'ont jamais pu démontrer la responsabilité du silicone. Néanmoins, il est indispensable après votre intervention d’effectuer une surveillance régulière de vos prothèses par un examen clinique et des clichés de mammographie, afin de dépister une éventuelle rupture, ce qui impliquerait un changement de prothèses.
Rappel : Prothèses mammaires et risque de cancer du sein : le point
De nombreuses études scientifiques (à grande échelle et sur le long terme), ont prouvé que les femmes porteuses de prothèses mammaires ne développaient pas plus de cancer du sein que les autres. Cependant, pour la surveillance mammographique systématique, il faudra faire appel à un radiologue habitué à l'exploration de seins avec prothèses, et qui utilisera certaines techniques spécialisées (incidences particulières, images numérisées, échographie, etc.).
|